J’en suis amoureuse. Pas d’un amour lointain et empreint de rêves comme celui chanté par Dassin. Non, je l’aime d’un amour plus profond, bien ancré. J’aime sa grandeur, sa beauté, ses défauts, sa jeunesse insolente. Je la trouve magnifique dans ses imperfections; capable du pire comme du meilleur, elle est contradiction. Elle nécessite beaucoup de patience et parfois exaspère, mais j’y suis attachée. J’en fait partie.

Et l’Amérique latine. Festive, accueillante et rebelle. Elle est mienne aussi. Après tout, je suis francophone, je suis latine. J’y suis chez moi. Lorsque j’y reviens, tout me semble familier; ses petites rues en dédales, ses chiens errants, ses vendeurs itinérants, ses murs peints, ses rires et ses pleurs. Ses espoirs déçus, mais toujours présents. Sa détermination.

J’ai encore beaucoup de pays à voir tout autour de la planète et je continuerai à voyager, mais mon chez-moi sera toujours l’Amérique. Les Amériques, du Nord au Sud. Mes Amériques à moi.

Les États-Uniens se sont appropriés à tort un terme important. Je revendique aussi l’américanité. Je suis américaine.