J’en suis amoureuse. Pas d’un amour lointain et empreint de rêves comme celui chanté par Dassin. Non, je l’aime d’un amour plus profond, bien ancré. J’aime sa grandeur, sa beauté, ses défauts, sa jeunesse insolente. Je la trouve magnifique dans ses imperfections; capable du pire comme du meilleur, elle est contradiction. Elle nécessite beaucoup de patience et parfois exaspère, mais j’y suis attachée. J’en fait partie.
Et l’Amérique latine. Festive, accueillante et rebelle. Elle est mienne aussi. Après tout, je suis francophone, je suis latine. J’y suis chez moi. Lorsque j’y reviens, tout me semble familier; ses petites rues en dédales, ses chiens errants, ses vendeurs itinérants, ses murs peints, ses rires et ses pleurs. Ses espoirs déçus, mais toujours présents. Sa détermination.
J’ai encore beaucoup de pays à voir tout autour de la planète et je continuerai à voyager, mais mon chez-moi sera toujours l’Amérique. Les Amériques, du Nord au Sud. Mes Amériques à moi.
Les États-Uniens se sont appropriés à tort un terme important. Je revendique aussi l’américanité. Je suis américaine.

8 comments
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13 août, 2007 à 3:26
Onassis
Alors, la question qui se pose, la question que je me pose en tant que vrai néo-Québécois (c’est ici que la chanson : fais-moi mal, Johnny rejaillit dans mon ‘tit cerveau), LA question :
TU L’AS-TU L’AFFAIRE, TOUI ?
13 août, 2007 à 7:32
Marianne
Alors tu te sens chez toi? C’est très bien. Tu ne regrettes pas d’être partie, hein? Toutes tes hésitations de dernières minutes doivent être loin déjà.
13 août, 2007 à 10:14
Dom
C’est drôle. Cette dernière année m’a fait réaliser la même chose. Mon séjour en France a confirmé: je suis Américaine. Souvent, des Français m’ont demandé si j’aimerais rester en France pour toujours. Eux, bien sûr, ils sont certains qu’on va leur répondre que oui, Ô douce France mère patrie, ici c’est tellement mieux que dans mon pauvre pays qui n’est malheureusement qu’une pâle copie des méchants États-Unis. Et chaque fois, j’avais envie de rire. Parce que je suis Américaine, de corps, de coeur et d’esprit. L’efficacité et la créativité dont on fait preuve pour repousser les limites; le sourire qu’on offre aux étrangers sans trop y penser; la facilité qu’on a à rire de nous-même. Le vaste, vaste territoire où on est éparpillés, au gré du vent et du courant. L’attention qu’on porte à notre prochain. Je pourrais continuer longtemps… Moi aussi, je suis Américaine, et j’en suis fière.
14 août, 2007 à 1:20
vertelime
@Onassis: Petit néo-Québécois, va… ahah.
@Marianne: Non, non, je ne regrette pas, mais j’ai tout de même beaucoup de unfinished business en haut et c’est plus difficile de gérer ça de loin. Enfin. Je devrais m’en sortir, comme toujours.
@Dom: Ahah, c’est vrai… En Europe, le décalage est palpable. Moi aussi on m’avait demandé si j’avais l’espoir d’avoir la chance, un jour, de m’installer en France. Espérer un jour avoir la chance… ooohh…
14 août, 2007 à 4:57
Dom
Ouais, syntaxiquement parlant c’est pas très correct, mais c’est tellement comme ça que ça se vit… Ils te demandent ça comme si t’étais parmi les Élus! Comme si, dès que tu mets le pied en France, tu réalisais que t’avais perdu ton temps dans un autre pays et que, maudite chanceuse, tu venais de quitter le côté obscur pour t’essayer dans le plusse meilleur pays du monde… euh, non, ça c’est icitte!!! Hé qu’on l’aime, notre Canada!!!
14 août, 2007 à 8:15
vertelime
Tu dis lourd syntaxiquement? Ahah! Je viens de relire… disons que ce n’est pas réaliste pour deux cennes comme phrase supposément émise par un français, mais bon, le fond y était. Donc, la morale: we are canaaaaadian (comme dans la pub, évidemment…)
15 août, 2007 à 4:51
Dom
T’as oublié le «hey», comme dans «I’m Canadian, hey!»
16 août, 2007 à 3:35
vertelime
Héhé, t’as raison…