Urbain Desbois insistait pour que je ne le regarde pas écrire. Je l’ai remercié et je me suis dirigée vers la sortie, dans la salle devenue presque déserte. Dans la rue, sous la lumière de l’enseigne au néon, j’ai découvert un délicieux petit je t’aime bien lové à l’intérieur de la pochette. Une dédicace simple et mignonne qui m’avait marquée.

Parfois, ces petits mots sont écrits à la va-vite et standardisés. Certains auteurs prennent cependant le temps de les personnaliser. C’est ce que j’aime des salons du livre, de voir les auteurs et les lecteurs discuter au moment de la dédicace. Et que dire de ces bédéistes qui tracent un petit dessin à l’intérieur de la couverture, pour le plus grand plaisir de l’acheteur de cette copie devenue unique.

Il y a aussi ces dédicaces qui font partie de l’oeuvre. Ces mots imprimés, seuls au centre d’une page. Ils ne veulent parfois rien dire pour le lecteur, mais semblent renfermer toute l’affection du monde pour les personnes concernées. À Sara. Deux petits mots qui seraient banals sur une enveloppe accompagnent avec mystère un livre que j’adore. Ils y resteront à jamais, entre la couverture et les premières phrases du récit. Quelle position privilégiée!

Ce matin, j’ai été la première à voir la mise en page finale d’une oeuvre en route vers l’impression. J’étais tout émue de voir enfin cette fameuse thèse, magnifique et intelligente. Puis, mon regard a été accroché par ces quelques mots. Une vingtaine, pas plus. Tout de suite après papa et maman, il y avait moi. Une phrase complète pour moi. Drôle et affecteuse. C’est plus touchant que toutes les cartes Hallmark du monde.

Et d’être tout de suite après les parents, quelle position privilégiée.