Quand un DVD loué refuse de fonctionner dans notre lecteur, ainsi que dans tous les ordinateurs de la maison, il faut se résoudre à retourner au club vidéo pour l’échanger. Inévitablement, en notre condition de femme, nous savons que le commis mâle en face de nous nous jugera. Ça doit être votre machine, madame. On a beau lui dire qu’on a contrevérifié sur plus d’une machine, que tous les autres disques du monde fonctionnent chez nous, c’est complètement vain. Il fait maintenant miroiter le disque sous son oeil de faucon car lui, il connaît ça, voyez-vous. Ben beau, ce disque là, madame.

C’est le moment où l’on doit insister pour qu’il le mette dans son lecteur à lui, juste pour voir. Sans trop y croire et accompagnant le geste d’un soupir bien trop senti, il l’insère. Moment d’attente insoutenable alors que l’on fixe l’écran. Oui, nous avons la certitude profonde que ce disque a un sérieux problème, mais bon: le commis mâle a réussi à semer le doute. Puis, enfin, le bogue du siècle se produit. Joie! Écran bleu, puis gris. On a beau avoir la chanson Celebrate good time qui se met à nous jouer en boucle dans la tête et avoir envie de danser le moonwalk, on cache notre euphorie. C’est sans laisser transparaitre nos émotions que l’on va chercher une autre copie, puisqu’il nous autorise maintenant à le faire. On est contente, on pense qu’on a gagné, mais dans le fond, on n’a pas vraiment gagné…

Dans quelques semaines ou peut-être quelques mois, nous appelerons notre fournisseur internet pour un problème de connexion. Et le technicien à l’autre bout du fil nous demandera, le plus sérieusement du monde, de bien vérifier si notre ordinateur est branché dans la prise de courant et allumé. Sans oublier un petit madame avant, bien entendu.