Quand un DVD loué refuse de fonctionner dans notre lecteur, ainsi que dans tous les ordinateurs de la maison, il faut se résoudre à retourner au club vidéo pour l’échanger. Inévitablement, en notre condition de femme, nous savons que le commis mâle en face de nous nous jugera. Ça doit être votre machine, madame. On a beau lui dire qu’on a contrevérifié sur plus d’une machine, que tous les autres disques du monde fonctionnent chez nous, c’est complètement vain. Il fait maintenant miroiter le disque sous son oeil de faucon car lui, il connaît ça, voyez-vous. Ben beau, ce disque là, madame.
C’est le moment où l’on doit insister pour qu’il le mette dans son lecteur à lui, juste pour voir. Sans trop y croire et accompagnant le geste d’un soupir bien trop senti, il l’insère. Moment d’attente insoutenable alors que l’on fixe l’écran. Oui, nous avons la certitude profonde que ce disque a un sérieux problème, mais bon: le commis mâle a réussi à semer le doute. Puis, enfin, le bogue du siècle se produit. Joie! Écran bleu, puis gris. On a beau avoir la chanson Celebrate good time qui se met à nous jouer en boucle dans la tête et avoir envie de danser le moonwalk, on cache notre euphorie. C’est sans laisser transparaitre nos émotions que l’on va chercher une autre copie, puisqu’il nous autorise maintenant à le faire. On est contente, on pense qu’on a gagné, mais dans le fond, on n’a pas vraiment gagné…
Dans quelques semaines ou peut-être quelques mois, nous appelerons notre fournisseur internet pour un problème de connexion. Et le technicien à l’autre bout du fil nous demandera, le plus sérieusement du monde, de bien vérifier si notre ordinateur est branché dans la prise de courant et allumé. Sans oublier un petit madame avant, bien entendu.

6 comments
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22 mai, 2008 à 5:34
Dom
Justement, quand j’ai déménagé ici, j’ai pas vraiment pu raconter l’épopée de mon branchement Internet parce que, bien sûr, mon ordi/ma connexion (selon la personne à qui je parlais, évidemment) ne voulait pas m’emmener dans le merveilleux monde de l’Internet… Le pire, c’est qu’à chaque fois que t’appelles chez Cogeco, c’est une nouvelle personne qui répond, à qui il faut que tu réexpliques encore et toujours les détails de ton problème, les étapes par lesquelles tu as passées avant de te ramasser au téléphone avec elle/lui, les personnes que tu as consultées et les résultats de toutes tes démarches (avec une étape de plus, chaque fois… un nouveau technicien qui passe, un aller-retour à Chicoutimi avec ton monstre dans le coffre… un essai avec la connexion de tes parents…) Mais, chaque fois, il/elle te demande, avec un soupir à peine dissimulé «Est-ce que votre ordinateur est bien branché?»
Le pire, c’est que la personne la plus bête et condescendante que j’ai pogné, c’était une fille.
23 mai, 2008 à 11:45
pelkev
Ah, tu es encore chanceuse, la plupart du temps quand je ramène un dvd, il se met à fonctionner comme par miracle..Et pourtant le gars du vidéo, il a pas de stigmates.. Ah oui..faut aussi vérifier si l’ordinateur est bien ouvert..
25 mai, 2008 à 2:54
Lady a Montréal
Moi j’ai une belle histoire avec les gens chez Vidéotron. Je les tuerais tous. Un par un. Lentement. Pour les faire souffrir. Wow, je ne pensais pas qu’une compagnie pouvait faire sortir les pires idées noires en moi.
4 juin, 2008 à 8:57
vertelime
@ tous: Merci! Je suis heureuse de ne pas être seule contre eux…
7 juin, 2008 à 8:30
Mazsellan
Il y a très longtemps… hum hum ! J’ai déjà fait un appel de service chez une tite medame qui disait que son antenne satellite ne fontionnait plus. Rendu chez elle, ses maudites piles dans sa télécommande étaient mortes… J’suis parti à rire d’elle, devant elle & devant son mari qui arrivait du boulot. Ben bon !
Faque oui, j’comprends pourquoi ils demandent si l’ordi est branché et allumé.
8 juin, 2008 à 1:06
vertelime
@ Mazsellan: Oui, mais… un spécimen peu au fait des technologies de temps à autres ça ne justifie pas l’attitude envers toutes les femmes qui appellent pour un problème technique. À moins qu’on soit collectivement cruche et que je refuse de l’accepter, étant débrouillarde là-dedans moi-même?