Je mouche. Je tousse. Je fais pitié. C’est comme une grippe d’homme, moins les lamentations. Pifff. C’est même pas vrai. Je me plains quand même un peu. Après une quinte de toux à m’arracher un morceau de poumon, je pense que j’ai droit à un petit gémissement. C’est que j’en ai marre! Ça fait 3 semaines que ça dure… 

Plusieurs personnes y vont de leurs conseils, mais je doute de trop de choses dans ce domaine pour les suivre. Je ne prends pas d’échinacée, de casse-grippe, de Tylenol, de baume du tigre et autre. Ce n’est pas pour moi. Pour les autres, ça va… je crois même que c’est probable que certains de ces remèdes fonctionnent! Mais je ne me donne pas la peine d’essayer. Je ne vais pas voir de médecin non plus. Bref, je doute de tout et j’endure. Je fais comme si de rien. Le corps humain peu s’en sortir tout seul que je me dis. Je sais, je devrais me donner une chance. Le truc le plus ésotérique que je fais est de boire du jus d’orange, c’est tout dire. Le problème avec cette philosophie, c’est que si ça s’étire, c’est inévitablement de ma faute. 

Je ne sais vraiment pas d’où vient ce scepticisme. Ou c’est plutôt de la paresse? N’empêche que ce soir, sous conseil ordre parental, je dois mettre du Vicks en dessous de mes pieds, mettre des bas de laine et me gargariser à l’eau salée. J’en ai même pas de Vicks!

Demain ou mardi, ça ira peut-être mieux. Et ma maman croira que c’est le traitement. Et moi je croirai que ma grippe touchait anyway à sa fin. Au pire, je serai encore malade… et j’aurai enfin le droit légitime de me plaindre. Parce qu’au moins, j’aurai essayé.

Lorsque je surprends mon chat en train de boire dans le bol de toilette, il sursaute et s’en va avec un air coupable. Qu’est-ce qui peut expliquer sa réaction? Il le sait aussi que c’est dégueu?

J’ai passé l’été de mes 17 ans à travailler comme femme de chambre dans un hôtel perdu des Rockies. La plupart des travailleurs venaient du Québec et tout était prétexte à la fête dans la ville. L’ambiance festive était franchement incroyable! J’ai mal à la tête juste d’y penser… Oui, je vieillis, je sais.

Bref, nous étions jeunes et fous à l’époque et le fait de travailler le lendemain ne freinait en rien les excès de la veille. Certains réveils furent plus difficiles que d’autres: après avoir passé la nuit à faire la virée des bars, à danser comme des fous, à créer notre propre after hour dans un parc, à rire des wapitis et à se faire dessiner sur les bras par des hippies… disons que le deux heures de sommeil qui nous séparait du lever n’était pas toujours suffisant à nous remettre les esprits en place! Surtout le matin de cette fameuse veillée. J’avais tellement peu de temps pour récupérer que je n’avais pas pris la peine de mettre un t-shirt pour dormir. Après tout, ça irait plus vite pour la douche.

Quand l’horrible réveil-matin s’est fait entendre, j’ai sauté sur mes pieds et enfilé ma robe de chambre. Les matins comme ça, il faut s’arracher du lit en vitesse comme un plaster. Si on snooze, on colle aux draps et c’est encore plus douloureux.

Dans la salle de bain, j’enlève ma robe de chambre et l’image que je vois dans le miroir me saisit. Je suis maintenant pleinement réveillée et je regarde avec effroi le dessin d’un gigantesque lézard sur ma poitrine. What the f…? Pendant un instant, je n’ai aucune idée de ce qui s’est passé la veille. Panique.

Ce fut les 5 secondes les plus longues de tout l’été. J’ai ensuite réalisé que le lézard fièrement installé sur cette partie de mon anatomie était la réplique parfaite de celui qui trônait sur mon avant-bras: j’avais dormi dessus et le dessin s’était parfaitement décalqué.

Nous étions sur une petite île de la région de Bocas del Toro, accessible seulement par voie des eaux. Le mois de février nous offrait une fabuleuse tranquillité et nous avions pour nous seuls les plages désertes, les petits sentiers de terre battue et la mer turquoise. Les lattes de bois du plancher de notre chambre sur pillotis nous permettaient d’entrevoir les vagues qui se brisaient en dessous de nos pieds. La grosse vie sale, comme dirait Meunier.

Un après-midi, on s’arrête dans un restaurant adjacent à une petite maison chétive au bord de l’eau. On demande s’ils ont du thé glacé. Oui bien sûr, qu’on nous répond. On en commande deux. Seuls sur le quai, on passe la première demi-heure d’attente à discuter de tout et de rien, en fixant la houle. Puis, une heure passe. La dame nous a-t-elle oubliés? Peu probable! Nous sommes les seuls clients.

Pas de stress. Nous avons de toute manière juste ça à faire. Le tout m’intrigue un peu puisqu’on entend régulièrement des bruits dans la cuisine, mais bon, mystère: Personne ne vient nous informer de la raison du délai et nous, on imagine des trucs insensés.

Le thé glacé arrivera, finalement, au bout d’une heure et demie… bien tiède. N’ayant pas ce que l’on demandait, la dame a dû faire bouillir l’eau, infuser le thé, refroidir comme elle pouvait, pour ensuite nous servir le tout. Avoir su qu’on lui compliquait ainsi la vie, on aurait changer notre commande pour un Fanta!

N’empêche, ce fut un très bel après-midi à regarder passer le temps. On était en voyage, il n’y avait vraiment pas de stress. On s’est même assuré de bien siroter notre boisson question de lui faire honneur.

Je n’ai que trop peu de détails, mais j’en sais assez pour savoir que c’est le genre de truc qui n’arrive jamais aux gens normaux. J’ai hâte d’avoir l’histoire complète, mais j’attends avec respect la fin de la convalescence de la victime en question. Qu’on se le tienne pour dit: un terrible accident de cintre est si vite arrivé.

Devant le dernier James Bond, la salle était remplie à pleine capacité. Les centaines d’yeux rivés sur Daniel Craig se laissaient emporter par la magie de l’agent 007. J’avais moi aussi oublié les mauvaises critiques et j’étais captivée. Jusqu’à la fin… Enfin, non. En fait, on y était presque. Ça sentait le dénouement à plein nez. Puis, vlan. Quelques minutes avant que ne s’élance le générique, Bond demande le plus sérieusement à une femme si elle fait partie de «l’intelligence canadienne». Un gros rire collectif a éclaté dans la salle. En plus, il le répète et la femme fait signe que oui. Quoi, on a ça, nous? Un service de l’intelligence canadienne? Fallait entendre le beau gros rire honnête s’élever. Moi, j’aime mon pays parce qu’il ne se prend pas au sérieux.

Nous sortons du cinéma et le ciel nocturne est bien dégagé, signe que la nuit sera glaciale. Le vent fouette déjà nos joues et nous marchons rapidement, tête baissée pour se couper du vent et éviter les plaques de glace. C’est son premier hiver et il a déjà utilisé l’expression «température la plus extrême que j’ai connu de ma vie » pour une nuit venteuse d’octobre où le mercure ne flirtait même pas avec le zéro. Disons que j’avais peur pour sa survie lors du véritable hiver.

Ce soir, heureusement, il fait l’éloge de la beauté du froid. Les arbres dénudés sont magnifiques et elle est jolie la petite buée et tout et tout. Je me sens rassurée. Puis, il ajoute qu’il aime aussi cette curieuse sensation de ne plus sentir son visage. Quoi?!? Je lève mon regard sur lui et je m’aperçois qu’il n’a pas mis son foulard. Ses joues sont blanches et sa pauvre peau basanée doit se demander ce qui se passe. Je réchauffe son visage avec mes mains et l’emmitoufle sur le champs avec son foulard qui était resté dans son sac.

C’est fou comme il y a des choses qu’on prend pour acquis.

Je suis une personne qui peut être dangereusement efficace. Je n’abandonne jamais en cours de route et j’accepte volontiers les nouveaux défis. Je n’excelle en rien, mais je peux bien faire beaucoup de choses. Et les propositions pleuvent. Comme je dis rarement non, je suis une jeune femme inévitablement dans le jus.

C’est la même histoire qui se répète encore et toujours: Je m’embarque dans une foule de projets, j’en fais bien assez et puis encore un peu plus. J’en suis parfois essoufflée, mais je veux saisir les opportunités, ne pas dire non à la vie et surtout, aux autres. Je gagne en expérience, non? Bof. Maintenant, j’en ai marre. À force de m’éparpiller à tous vents et de me lancer à pieds joints dans un char pis une barge de nouveaux défis, je ne vois plus ma vie passer. Dire qu’à une époque je me trouvais cool de m’en mettre toujours plus sur les épaules. Jusqu’à vouloir parfois plier les genoux. Et surtout, rire à chaque fois de m’en sortir plutôt bien. Parfois ridiculement bien.

En fait, je m’en sors encore toujours, mais voilà qu’une révélation m’attendait dans le détour cette année: les nouveaux défis que je peux relever, je peux aussi les laisser passer. Voilà. J’emmerde la maximisation de mon temps. C’est une machination pour vendre des burnouts.

Dire non à quelque chose, c’est aussi dire oui à autre chose. Oui à sa vie. Oui à ses amis. Oui à ses plantes qui sèchent. Oui à son blogue. Oui à soi. Parce qu’à force d’en faire trop, on se retrouve avec pas grand chose en bout de ligne.

Je me lance un défi. Un texte par jour – préférablement bon – jusqu’à 2009. Pas vraiment de raison. En fait, oui: parce que je m’ennuie des mots. De mes mots. En partie parce que l’anglais a envahit une partie de ma vie.  Et  l’espagnol, mon lit. Aussi, pour le plaisir de sortir des formules uniques en m’amusant à reconstruire une phrase jusqu’à ce qu’elle me plaise. Et pourquoi pas: pour mettre beaucoup trop d’adverbes et surponctuer mes textes. Faut s’amuser aussi ;)

Dites-vous que peut-être:

A) Mon système d’exploitation étant désuet, je ne peux accéder à mon blogue avec mon fureteur préféré. C’est donc vraiment compliqué de me connecter et l’ampleur de la tâche me décourage à chaque fois de venir vous raconter mes états d’âme et autres niaiseries.

B) Je suis dans le jus. Je suis toujours dans le jus anyway, je sais, mais bon. Je serais plus dans le jus que la normale.

C) Je suis en réflexion et je vous prépare quelque chose de gros. Très gros.

Alors voilà! Jugez-moi et faites votre choix…